Point d’orgue d’une année riche en actions et mobilisations pour défendre le droit au logement et dénoncer la spéculation immobilière et foncière, la manifestation Vivre et se loger au pays – Espekulazioari ez! du 20 novembre 2021 a été une réussite des plus utiles. Réunissant 8000 personnes, elle a été la plus importante manifestation pour le droit à se loger organisée dans l’hexagone depuis ces 25 dernières années. Elle est aujourd’hui citée en exemple de la possibilité de mobiliser large sur ces questions et donc de peser sur les décisions locales ou législatives à ce niveau.

Au Pays Basque, elle a effectivement pesé sur les débats et les esprits. Le fait que le règlement ambitieux de compensation venant protéger les logements loués à l’année de leur transformation en meublés de tourisme permanents ait été adopté par l’agglomération Pays Basque avec 95 % de suffrages exprimés en sa faveur doit évidemment beaucoup au climat créé par cette mobilisation massive et marquante. L’engagement du Préfet à soutenir la candidature de la Communauté d’Agglomération Pays Basque à l’encadrement renforcé des loyers ou la création du Comité de pilotage territorial pour le logement au Pays basque ont été clairement présentés comme des premières réponses aux revendications des milliers de manifestants du 20 novembre 2021.

La crise du logement et du foncier est loin d’être réglée ou maîtrisée. Plus que jamais, nous devons maintenir une pression citoyenne, faire entendre nos préoccupations et nos propositions, si nous voulons que le nécessaire soit fait pour réguler un marché devenu fou, et imposer l’intérêt général devant l’avidité de quelques-uns et les dégâts qu’elle peut causer à la vie de ce territoire.

En début d’année 2023 seront adoptés des documents essentiels pour le foncier, le logement et l’aménagement de ce territoire, comme le SCOT, les PLUi et certains PLU. Le 1er mars se mettra en application le règlement de compensation visant à protéger les locations à l’année. Le 1er avril verra la fin de la trêve hivernale et constituera une journée européenne de mobilisation pour le logement. Au niveau français, ce sera l’occasion d’exiger des évolutions législatives, administratives et fiscales venant assurer le droit au logement pour toutes et tous, des outils pour maîtriser les prix, pour limiter les résidences secondaires, la spéculation foncière et pour renforcer la production de logement social menacée par l’envolée des prix du foncier et de l’immobilier et celle des coûts de la construction et par les ponctions grandissantes réalisées par l’état sur le budget du parc social.

C’est pourquoi nous appelons aujourd’hui à participer à la grande manifestation organisée le samedi 1er avril 2021 à 15H00 à Bayonne par la plateforme Se loger au Pays – Herrian Bizi. Nous devons être encore plus nombreuses et nombreux que le 20 novembre 2021 pour peser encore davantage sur les décisions qui seront prises tant au niveau local qu’au niveau de l’État. Le Pays Basque doit reprendre le contrôle de ces biens communs que sont le foncier et le logement, face à la main destructrice du marché tout puissant et de l’argent roi.

Samedi 1er avril

15h00

Bayonne

Les axes de revendications de la manifestation

Ces dernières années, se loger et vivre dignement au Pays Basque est devenu un véritable défi pour une partie toujours plus importante de la population et notamment les secteurs les plus vulnérables.

La régulation du marché immobilier et foncier pour empêcher sa fameuse main invisible de pousser la population locale à l’exil. Les maisons et appartements doivent avant tout être des logements, et non des objets spéculatifs. (par exemple, priorité doit être donnée aux locations à l’année plutôt qu’aux meublés touristiques permanents de type AirBnb)

Le droit d’avoir un logement passe avant celui d’en avoir deux (avec par exemple la limitation du nombre de résidences secondaires et des mesures fiscales dissuasives)

La compatibilité avec les urgences écologiques et climatiques, et la poursuite d’objectifs zéro artificialisation nette et de souveraineté alimentaire (par exemple densifier l’habitat, construire de la ville sur de la ville, réhabiliter et rendre habitable à l’année les logements vacants
et les résidences secondaires…)

La maîtrise publique ou collective du foncier et du logement (par exemple en renforçant les politiques communales et intercommunales d’acquisition foncière, en sanctuarisant le foncier agricole, et en systématisant les mécanismes de type BRS (Bail Réel Solidaire) empêchant les
logements en accession sociale à la propriété de tomber dans le marché spéculatif)

L’application réelle du droit à un logement digne et abordable pour toutes et tous (avec par exemple l’encadrement renforcé des loyers, une forte augmentation de la production de logement social, et notamment du logement très social, et la création d’un nombre suffisant de places d’hébergement d’urgence)